Retour en arrière

November 24, 2018

09.09.2018 au 12.10.2018

 

Le petit Grand Canyon.

Lors de notre premier passage au Kazakhstan, nous avions rejoint Bichkek, capitale du Kirghizistan, le plus rapidement possible sans passer par Almaty et sa région pour ne pas prendre de risque suite à une avarie sur Klyde. Pour commencer notre nouveau séjour kazakh, nous nous sommes donc rendus au canyon de Charyn. Sous un soleil de plomb, nous avons erré dans cette espèce de grand canyon miniature. Pas pressés, nous avons également passé une nuit venteuse sur place nous permettant d’admirer coucher et lever de soleil venant mettre en valeur les parois orangées du canyon.

 

 

Arrivée à Almaty.

Almaty est la ville rêvée d’Asie centrale pour s’occuper de son véhicule ou faire ses visas. Devant faire les deux, nous en avons profité. Comme à son habitude, Klyde nous a signalé à sa façon qu’il était temps de prendre soin d’elle, et de Bonnie. A cinquante kilomètres de la ville un toussotement se fait ressentir : la machine a besoin de respirer. La poussière du Pamir ayant en bonne partie obstrué le filtre à air, il est grand temps de faire le service des 20 000 kilomètres qui lui est dû. Pour l’anecdote, avant notre départ, nous pensions rallier Singapour après avoir parcouru cette distance, mais ça, c’était avant… Et c’est bien à l’est du Kazakhstan – avec la volonté de traverser le pays jusqu’à la Géorgie – que nous nous trouvons.

 

 

Visas, services et visites.

Nous passerons quasiment trois semaines à Almaty. Dans une auberge dotée de lits à faire pâlir la pire des prisons mais équipée d’un garage au sous-sol, nous avons pu bichonner nos machines. L’occasion également de faire le tour des bazars mécaniques, des rencontres hors du commun et de se refuser la facilité de faire envoyer des pièces depuis l’Europe. Finalement, la satisfaction de tout faire nous-même et la fierté une fois le travail accompli. Durant ce séjour, nous avons également réalisé nos visas russe (pour un séjour de transit de 10 jours) et iranien. En dehors de ces occupations, nous avons passé notre temps libre aux alentours du « green market », de la chocolaterie Paxat et des cantines Kaganat. Autre chose que de la nourriture ? Admirer le panorama depuis la colline Kok Tobe et faire une virée dans les magnifiques montagnes au sud de la ville.

 

 

La vie du rail.

Afin de retourner en Géorgie, nous devions parcourir le Kazakhstan d’est en ouest puis, aux choix, naviguer – à nouveau – sur la mer Caspienne ou transiter par la Russie. Cette dernière option nous a semblé la plus séduisante. Notre première traversée nous ayant sevrés des kilomètres de désert, il nous reste à savoir par quelle alternative nous rejoindrons la frontière soviétique. Après le bateau, nous expérimentons un nouveau moyen de locomotion autre que nos motos : le train. En bref, de longs pourparlers, afin de savoir s’il est réellement possible de voyager avec nos véhicules dans le même train, et une cinquantaine d’heures de bringuebalements à travers le pays. Au final, une belle expérience – partagée avec les locaux qui profitent du voyage pour se faire de réel festin - et la satisfaction de s’être évité de périlleux kilomètres. Sentiment confirmé durant le court tronçon nous menant à Astrakhan, première ville russe.

 

 

Transit.

Notre passage en Russie aura été bref. Un changement de pneu avant pour Klyde, un tronçon venteux le long de la mer Caspienne, une arrivée de nuit à Vladikavkaz, et nous voilà en Géorgie par l’historique route militaire. Comme lors de notre premier séjour, dès les premiers kilomètres, les paysages émerveillent. En plein milieu du Caucase, nous contournons le mont Kazbek qui a malheureusement la tête dans les nuages. Nous décidons alors de nous rendre en Touchétie. Si nous n’avons pas eu le temps de visiter cette région du pays pendant notre premier séjour nous nous rattrapons comme il se doit. Les couleurs de l’automne viennent parer les arbres avec splendeur. Nous retrouvons également la nourriture géorgienne et son traditionnel khatchapouri.

 

 

De toutes les couleurs.

La route pour Omalo – capitale de la Touchétie -  est considérée par les géorgiens comme la plus dangereuse du monde. Il est vrai que l’ascension jusqu’au village présente quelques passages au bord de précipices vertigineux périlleux. Quoi qu’il en soit l’itinéraire est splendide. Véritable terre de bergers, nous rencontrerons certains d’entre eux – l’occasion d’échanger de la nourriture et quelques mots – et leurs troupeaux. Ces derniers, parfois sans fin, ont entravé notre route autant qu’ils nous ont attendris. Mention spéciale aux ânes transportant les agneaux dans leurs sacoches. Au point culminant de la route et avant de tomber (au sens propre comme au figuré) sur l’autre versant, la brume est reine et vient se lover sur les flancs des montagnes. Les paysages automnaux sont splendides. Une nuit plus tard, nous effectuons le chemin en sens contraire et retrouvons Tbilissi et notre ami Alex pour quelques jours avant de poursuivre en direction de l’Arménie.

 

 

Demain est un autre jour.

L’Arménie restera un souvenir mitigé, une montagne russe d’émotions. Après avoir découvert que nous nous étions fait voler certaines affaires - sans trop d’importance - à Tbilissi, nous prenons la route quelque peu maussades, à l’instar de la météo. La frontière franchie, nous effectuons nos premiers kilomètres sur le sol arménien. L’heure de trouver un emplacement où poser notre tente pour la nuit approchant, nous tentons d’emprunter un chemin à travers champ pour découvrir l’emplacement idéal. La fatigue de la journée, additionnée au froid et à l’humidité de la brume environnante commence à rendre les choses pesantes. En accédant à un champ, véritable patinoire de boue, Klyde fait un dérapage non contrôlé avant de finir par terre. En voulant nettoyer la poignée de la moto recouverte de boue, le bouton du démarreur (servant, comme son nom l’indique, à mettre en route le moteur) se brise. S’en est trop pour une seule journée, nous décidons de poser notre tente en plein champ, de manger un morceau et de nous coucher. Demain est un autre jour. 

 

 

Emmenez-moi au pays des merveilles.

En effet, le lendemain, tout va mieux. Le corps et l’esprit reposés, nous admirons la brume se retirer lentement à la lueur du petit matin. Avant cela, elle nous offre une scène mystique lorsque des chevaux curieux viennent nous rendre visite. Nous parvenons finalement à réparer le démarreur de Klyde grâce à l’ingéniosité sans faille d’Amaia. Une fois sur la route, nous bifurquons au niveau du lac Sevan en direction d’Erevan. Dans la capitale, nous avons la judicieuse idée de faire souder le garde boue de Klyde détaché depuis le Tadjikistan. Nous constatons par la même occasion l’amabilité des Arméniens. Nous fêtons nos retrouvailles avec le mont Ararat en nous installant pour passer la nuit à proximité du palais Khor Virap sous un ciel rougeoyant. Le lendemain, nous franchissons plusieurs cols dans un brouillard à couper au couteau et semblant faire perdre la raison aux automobilistes. En fin de journée, nous réalisons nos derniers kilomètres arméniens et passons la nuit à proximité de la frontière avec l'Iran. Dès le lendemain, nous la franchirons afin de découvrir ce pays tant attendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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