De villes en lacs

October 14, 2018

16.08.2018 au 08.09.2018 

 

Samarcande. 

Après la nature omniprésente du Tadjikistan, l’héritage culturel de l’Ouzbékistan. Samarcande tout d’abord. Cette ville, considérée comme l’une des plus anciennes de l’Asie centrale, est une merveille architecturale. Haut lieu de la route de la soie, ces monuments permettent un réel voyage dans le temps. Le mausolée Gour Emir, aussi beau de l’extérieur que de l’intérieur, n’a pas d’égal lorsqu’il s’éclaire à la nuit tombée. Lieu de sépulture de Tamerlan (Timur) et de sa descendance, il est l’origine d’une anecdote curieuse. Sur le tombeau du guerrier aurait été découverte l’inscription suivante : « Quiconque ouvre cette tombe sera attaqué par un ennemi plus puissant que je ne l’ai jamais été ». En 1941, Mikhail Gerasimov, anthropologiste soviétique, l'ouvrit, le lendemain, Hitler envahissait l’URSS... 

 

L’indescriptible place du Registan et ses trois medressas ensuite, si irréelles qu’on ne trouverait pas étonnant que les bâtiments s’effondrent au moindre coup de vent tel un décor de film. La gigantesque mosquée Bibi Khanym, érigée en l’honneur de l’une des femmes de Tamerlan, en cours de restauration, illustre le travail titanesque à accomplir pour sauvegarder ce patrimoine. Dernier exemple, et pas des moindres, la nécropole Shah i Zinda et son allée remplie de mausolées. 

 

Socialement, Samarcande nous aura également enrichis. Chaque soir, comme un rituel, nous nous asseyions sur les marches faisant face au Registan. Et chaque soir un(e) local(e) venait vers nous, avec la bonne excuse de parfaire son anglais afin de discuter. C’est ainsi que nous avons rencontré Seva, 16 ans, vivant à Tachkent et rêvant d’aller à New York pour étudier. Etant donné son aisance et son niveau d’anglais déjà impressionnant, nous espérons fortement que son souhait sera exaucé. Autre exemple, un Samarcandais ayant pour objectif de se rendre au Canada pour poursuivre son métier d’architecte et mettre en valeur ses cours d’anglais. Leur motivation nous a impressionnés et mis du baume au cœur.

 

 

Boukhara.

La route, habituellement l’occasion de découvrir des petits coins de paradis, perd tout son sens en Ouzbékistan. Celle entre Samarcande et Boukhara est insignifiante, dangereuse, parcourue par des personnes devenues subitement inconscientes. Comment des gens d’une telle gentillesse – les Ouzbeks auront été parmi les plus accueillants d’Asie centrale – peuvent négliger la notion de danger à un tel point ? Cette question aura été le départ de nombreuses réflexions de notre part. Et attisera notre aversion du moyen de transport qu’est la voiture. A Boukhara, une journée nous aura suffi à saisir la quintessence de la ville. Un peu trop « musée à ciel ouvert » à notre goût, nous avons tout de même apprécié découvrir ses différents coins en tentant de se perdre dans les ruelles les plus exiguës et isolées possible. Notre coup de cœur restera la découverte du complexe Kalyan composé d’une medressa, d’un minaret et de la mosquée qui va avec. Cette dernière, coiffée d’un dôme bleu et dotée d’une porte d’entrée gargantuesque, aura révélé toute sa splendeur aux lueurs des derniers rayons de soleil. Après Boukhara, ayant fait une croix sur la ville de Khiva, nous décidons de retourner en direction du Kirghizistan par la vallée de Ferghana. Région la plus densément peuplée d'Asie centrale, ce passage nous aura permis de visiter la soierie Yodgorlik située à Margilan. Une très belle découverte.

 

 

Une odeur de pastèque.

Retour au Kirghizistan. Notre premier passage a été volontairement bref afin de rejoindre les hautes altitudes du Pamir le plus rapidement possible. Nous savions que nous retournerions dans ce pays ayant encore beaucoup à nous offrir. Telle la route traversant le pays d’ouest en est et passant par le lac Song Kul. Ce retour à la nature est réjouissant. Dès les premiers kilomètres, les graines de tournesols qui sèchent sur le sol, la vision des cimes de montagnes au loin, la piste de graviers sous nos roues nous enchantent. Notre joie est proportionnelle au nombre d’épingles à cheveux que nous parcourons sur cet itinéraire tortueux. Au point de réaliser une idée qui trottait dans la tête d’Amaia depuis quelque temps. Sculpter un casque dans une pastèque ! No comment, les photos ci-dessous attestent du résultat des plus probants.

 

 

Le plus beau des chameaux. 

De nombreux lacets plus tard, nous sommes au sommet d’un nouveau col. D’un côté, la route sinueuse que nous venons de parcourir, de l’autre, la descente en pente douce vers Song Kul. Sous un ciel versatile - entre gouttes de pluie et éclaircies – nous découvrons le lac. Les conifères du versant précédent laissent place à une plaine nue de végétation et parsemée de yourtes. Nous prolongeons notre bonhomme de chemin jusqu’au deuxième col ceinturant le lac. Nouvelle série de courbes à 180 degrés - en descente cette fois - durant laquelle un homme sur un cheval impressionnant menant son troupeau vient échanger quelques mots. Partage éphémère mais plaisant. Plus bas, au bord d’une rivière, un chameau d’une beauté étonnante nous fait de l’œil, et nous convainc que c’est ici que nous passerons la nuit. Il est encore tôt mais, n’étant pas pressés de rejoindre l’axe principal, nous nous accordons une nuit supplémentaire dans ce paysage de carte postale. Le lendemain, Bonnie décide à nouveau de faire la capricieuse. Il faut pousser. A 3 000 m, nous retrouvons cette impression qu’on nous râpe l’intérieur des poumons à chaque effort. Nous finissons par rejoindre la route principale. Les premiers kilomètres sont époustouflants. Le bitume, à l’instar de la température ambiante, est parfait. Nous glissons sur des courbes idéales au sein d’une espèce de canyon longeant un cours d’eau peuplé de nomades. L’un de ces moments hors du temps où nous réalisons pleinement ce que l’on est en train d’accomplir et la chance que nous avons. C’est avec ce sentiment que nous rejoignons Bichkek.

 

 

 

Festivités.

Notre second séjour dans la capitale aura été plus appréciable que le premier. Les températures de la fin d’été sont tout d’abord plus supportables. De plus, nous avons eu la chance d’assister aux festivités du 31 août, date de l’indépendance kirghize. Spectacles un peu kitsch à « Ala Too square », démonstrations de sports divers dans « Oak park » et feux d’artifices. Ce petit séjour reposant terminé, nous filons en direction du lac Issik Kul, dernier lieu que nous désirons visiter avant de retourner au Kazakhstan. La route nous y menant longe la chaîne montagneuse Tian Shan qui se laisse deviner à travers les nuages. Après la fête nationale, nous assistons au « World Nomad Games », sorte de jeux olympiques des nomades. Nous nous sommes rendus dans les gorges de Kyrchyn via la petite mais non moins charmante vallée d’Ak Suu. Plus axé sur la culture que les sports, cet « ethno village » aura été l’opportunité de découvrir des spécialités locales tel que le « kumis », le fameux lait de jument fermenté qu’il nous tardait de goûter. S’il ne s’agit pas de notre boisson préférée, nous avons moins été dégoutés que prévu par ce breuvage. Serions-nous en train de devenir de vrais nomades ?

 

 

Sept taureaux et puis s'en vont.

Pour terminer notre second séjour au Kirghizistan, nous avons sillonné la côte sud du lac à la découverte de petites vallées dont celle de Jeti-Ögüz. Signifiant « sept taureaux », elle doit son appellation à une formation rocheuse rougeoyante atypique. Séduits par ce panorama nous décidons d’y passer la nuit. Le lendemain, nous remontons la vallée jusqu’à ce que la route devienne impraticable pour nos montures puis rebroussons chemin. Nous retrouvons la côte d’Issyk Kul dans une ambiance mystique de brume et de crachin. Il est temps de nous en aller, de mettre encore un peu plus derrière nous cette merveilleuse Asie centrale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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