Traversée de la mer Caspienne (Alat - Aktau)

August 16, 2018

Nous avons entendu toutes sortes d’histoires concernant la traversée de la mer Caspienne. Raison pour laquelle, lorsque nous avons décidé de prendre le ferry reliant l’Azerbaïdjan au Kazakhstan, nous ne savions pas à quoi nous attendre. Cet article relate donc notre propre expérience, qui n’a évidemment rien d’absolue.

 

Premières questions. Où et quand part le bateau ? Dans notre cas le port de départ était Alat, petite ville située à environ 70 km au sud de Bakou. Il semblerait que dans le passé certains bateaux partaient directement du port de la capitale azérie, ce n’est plus le cas actuellement mais qui sait de quoi demain sera fait. Concernant les horaires des ferrys, la réponse est simple : ils sont aléatoires. Nous avons procédé de la façon suivante. Une fois arrivés dans notre « guesthouse » à Bakou nous avons demandé à notre hôte de contacter l’agence maritime (« The Caspian Shipping Company ») tous les jours afin de savoir si un bateau était prévu. Il est également possible d’appeler l’agence soit même, mais il n’est pas certain de tomber sur une personne parlant anglais. Les site www.acsc.az et www.marinetraffic.com peuvent également apporter quelques compléments d’informations. Après une première journée à visiter Bakou et durant laquelle nous savions qu’aucun bateau ne partirait d’Alat (pour des raisons météorologiques), nous nous sommes rendus, le deuxième jour, directement au port pour tenter d’avoir plus d’informations. Sur place nous avons appris qu’un ferry allait partir le lendemain (notre troisième jour donc). Même si nous n’avions aucune garantie concernant cette information, nous avons profité d’être sur place pour acheter nos billets. Quoi qu’il en soit, ceux-ci sont valables pour le prochain bateau, qu’il parte le lendemain ou une semaine plus tard.

 

Concernant le port d’Alat, il est relativement bien aménagé, tout du moins autant qu’un port puisse l’être. Et heureusement car de nombreuses heures peuvent y être passées. Les différents services proposés se situent dans des containers. On y trouve des toilettes, des douches, un petit supermarché, un espace commun et même une banque.

 

En haut, à gauche : « supermarché », à droite : caisse et tarifs.

En bas, à gauche : banque, à droite : douches et toilettes.

 

Le prix des billets est l’une des rares données fiables. Nous avons payé 110 $ par moto et 70 $ par personne pour une cabine pour quatre. Pour 10 $ de plus, soit 80 $, il est possible d’acheter un billet donnant accès à une cabine pour deux personnes. Nous avons eu la chance d’obtenir une cabine pour deux sans payer de supplément. Il semblerait que de voyager avec une femme offre cet avantage. L’obtention du billet est assez simple, il suffit de se rendre dans le container faisant office de caisse pour effectuer la demande, de se rendre dans la banque juste à côté afin de payer le montant dû puis de retourner récupérer son billet à la caisse. Le jour de l’embarquement, une taxe de port de 6 $ par moto (30 $ pour une voiture) est encore à payer. Les différentes personnes à qui nous avons eu à faire étaient toutes très compétentes. 

 

Une fois nos billets en poche, et afin de rentabiliser les 140 kilomètres aller-retour parcourus entre Bakou et Alat, nous sommes allés visiter les volcans de boue se situant dans les environs ainsi que la réserve naturelle de Gobustan et ses 600 000 peintures rupestres.

 

Volcans de boue.

 

 

Décidant de faire confiance aux informations obtenues - et ne voulant pas rater le prochain navire - nous nous sommes rendus le lendemain matin, aux alentours de 9h, au port. C’est à partir de là que la chance entre en jeu. En ce qui nous concerne, le bateau était prévu en début d’après-midi. Il est finalement arrivé en soirée, vers 21h. Nous pensons nous en être bien sortis car nous aurions tout aussi bien pu attendre plusieurs jours avant de voir le moindre ferry montrer le bout de sa proue. Durant la journée à attendre au port, nous avons pu faire la connaissance des voyageurs dans la même situation que nous. Nous avons également croisé les passagers provenant d’Aktau - ce qui nous a confirmé qu’un bateau venait bien d’arriver au port. Nous espérions cependant être plus chanceux qu’eux étant donné qu’ils avaient passé 3 jours en mer à cause de la météo. Finalement, nous avons eu le droit à la visite d’un chat des plus attachants et avons pu admirer notre (nous l’espérions) dernier coucher de soleil sur le sol azéri.

 

 

Avant d’embarquer, nous avons dû nous rendre à un bureau afin d’effectuer la partie administrative. Après quelques nouvelles minutes d’attente nous avons présenté les papiers de nos véhicules, l’assurance pour ces derniers contractée à l’entrée du pays, notre passeport, notre visa azéri ainsi que le billet de bateau. Nous avons ensuite obtenu notre tampon de sortie dans notre passeport à un dernier poste de contrôle avant le bateau. A l’entrée de ce dernier, passeport et billet nous ont encore été demandés.

 

Une fois sur le ferry (le Mercury 1), des draps et une cabine nous ont été mis à disposition. Dans le prix des billets sont également compris les boissons et les repas. La qualité de ces derniers est plus que correcte, d’autant plus en considérant que l’on se trouve sur un cargo initialement réservé au transport de marchandises. La traversée dure normalement une journée, ce qui laisse le temps d’explorer le navire, de se balader sur le pont et de sympathiser avec les routiers effectuant le même trajet pour des raisons professionnelles. Nous concernant, après avoir embarqué nous sommes allés nous coucher et le bateau a largué les amarres pendant la nuit. Nous ne savons donc pas combien de temps s’est écoulé entre notre embarquement et le départ effectif du navire.

 

 

L’arrivée au port d’Aktau s’est effectuée au petit matin (à 5h, heure locale) de notre deuxième nuit. Tout le monde debout, avec ses affaires prêtes pour attendre l’arrivée des militaires kazakhs qui sont en charge de fouiller les bagages. Plus tôt, nous avions pris le soin de charger nos motos, ce qui nous a évité une fouille trop longue … pour le moment. Une fois nos bagages inspectés, nous avons pu descendre du bateau pour patienter sur la terre ferme. Au bout d’un certain temps, un minibus est venu chercher les passagers par groupe afin de nous amener à la douane. Nous avons alors rempli un document qui s’est avéré être notre carte d’enregistrement. Celle-ci a été tamponnée, tout comme notre passeport. Petit aparté pratique : nous avons obtenu automatiquement et sans rien demander deux tampons sur nos cartes d’enregistrement respectives. Certaines personnes, ayant obtenu un seul et unique tampon, ont été dans la nécessité de se rendre à l’office de l’immigration pour s’enregistrer et en obtenir un deuxième. Il semblerait qu’en insistant, les deux tampons peuvent être obtenus à la douane, ce qui simplifie les choses (plus d’informations ici). Fin de l’aparté.

 

Ici, toute personne ayant effectué la traversée sans véhicule est libre d’aller déguster son premier riz pilaf. En revanche, pour les propriétaires d’un moyen de transport, l’enfer administratif kazakh commence. Dans un premier temps nous sommes retournés au bateau pour récupérer nos motos. Après une longue attente nous avons enfin pu les sortir de la cale pour les amener sur un parking où une fouille approximative (ouvrir les bagages et expliquer ce qu’il y a dedans) a été effectuée. La suite est beaucoup plus floue à nos yeux car nous avons bénéficié de l’aide d’un motard kazakh, rencontré durant la traversée, qui nous a énormément rendu service. De ce que nous pensons avoir compris, il faut tout d’abord récupérer les documents relatifs à nos motos et certifiant la traversée. Suite à cela nous avons dû contracter une assurance pour les véhicules (6 000 tenge par moto) et payer une taxe portuaire (11 000 tenge au total). Finalement, les documents de sortie ont été établis à un dernier bureau. Après avoir présenté toute cette paperasse au militaire à la sortie du port nous avons pu quitter celui-ci, 6 heures après l'arrivée du bateau au port.

 

En conclusion, nous ne regrettons pas d’avoir pris ce ferry, ce fut une belle expérience. Nous pensons avoir eu de la chance pour l’embarquement (avec seulement 12 heures d’attente !) et avons apprécié la traversée. Nous avons même été agréablement surpris par la nourriture servie sur le bateau. La partie administrative pour quitter l’Azerbaïdjan fut relativement rapide contrairement à la partie kazakhe qui fut interminable et complètement désordonnée. Quoi qu’il en soit, nous retiendrons que le positif de cette épopée maritime sur la Caspienne.

 

Plus d’infos (en anglais) sur les sites de Caravanistan et Madornomad.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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