L'Asie mineure, une destination majeure

July 1, 2018

17.05.2018 au 05.06.2018

 

C’est Byzance.

Il nous arrive parfois d’attendre de découvrir un lieu avec impatience et d’être déçus par la suite. Ce ne fut pas le cas d'Istanbul. Cette ville, étendue entre deux continents et chargée d’histoire, qui nous émerveillait tant avant d’y arriver aura tenue toutes ses promesses. D’une beauté sans égal, elle nous a accueillis par le plus beau des couchers de soleil dès le premier soir. Observer le ciel rosir derrière les innombrables minarets depuis le pont Galata et sa ribambelle de pêcheurs aura été la plus belle des entames. Grâce aux conseils d'une amie turque (merci Nil !) nous avons pu découvrir la diversité de la ville durant les quelques jours passés dans l’ancienne Constantinople. Diversité présente, tout d’abord, dans la gastronomie. Pour le plus grand plaisir de nos papilles, nous avons goûté au kokoreç (boyaux d’agneau cuits à la broche avec des herbes et des épices), au sandwich au poisson, au börek (pâtisserie salée fourrée avec des épinards, du fromage ou de la viande), au gözleme (crêpe farcie de fromage, de légumes, de pommes de terre ou de viande), au manti (ravioles d’agneau ou de boeuf), au mezze (mets divers et variés), au kumpir (pomme de terre cuite dans de l’aluminium fourrée d’ingrédients au choix), au baklava (fines feuilles de pâte beurrée ou huilée), sans oublier l’indémodable kebap sous toutes ses formes. Côté boissons, nous nous sommes délectés de cafés turcs, de çay (thé) et d'ayran (boisson à base de lait et d’eau salée).

 

En haut, à gauche : gözleme et çay, à droite : kumpir.

En bas, à gauche : sandwich au poisson, à droite : baklava et cafés turcs.

 

Un programme chargé.

L’éclectisme de la ville se reflète également dans ses différents quartiers. Le nôtre tout d’abord, Beyogul, doté d’un emplacement rêvé pour rayonner dans la ville ou pour aller boire une bière dans les rues environnantes. Karaköy ensuite, et son enchainement de restaurants et bars branchés donnant qu’une envie : s’asseoir et y passer quelques heures (aussi bien en journée qu’en soirée). Afin de profiter d’une vue sur le Bosphore, le pont l’enjambant et la péninsule historique, le quartier d’Ortakoy est idéal. En revanche, l’enchainement de stands, tous similaires, vendant de la nourriture nous a moins plu. Pour finir, la réputée place Taksim très animée mais moins attirante de notre point de vue. Nous n’avons non plus été déçus par le patrimoine istanbuliote. Du palais de Topkapi au grand bazaar, en passant par celui des épices et les mosquées de Süleymaniye et Agia Sofia (maintenant transformée en musée), sans oublier la Blue mosquée. Mais la plus belle des visites reste certainement celle des rues d'Istanbul. Des stands de nourriture aux pêcheurs persévérants, impossible de s’ennuyer l’espace d’un instant dans cette ville grouillant d’animation. Sans oublier ces farceurs de vendeurs de glaces qui aiment tant en faire voir de toutes les couleurs aux enfants à la recherche de parfums en tout genre.

 

 

Cap au sud.

Nous n’avons évidemment pas fait le tour de la ville, mais, en cinq jours, nous pensons avoir pu saisir l’atmosphère y régnant. Les yeux encore embués par sa beauté, nous ne savons pas encore réellement quel sera notre itinéraire des jours suivants. Après avoir hésité à longer la côte égéenne, nous optons finalement pour une route plus centrale, à travers les terres. Celle-ci nous mène notamment en direction de la vallée phrygienne, petit mystère à nos yeux. Notre choix fut vite récompensé par des routes désertes et des paysages parsemés d’habitations troglodytes impressionnantes. La région nous aura également permis de goûter notre meilleur gözleme – accompagné de son inévitable çay - dans une bicoque en bord de route qui ne payait pourtant pas de mine. Miam !

 

Ci-dessous : vallée phrygienne.

 

Réveil champêtre. 

Des cloches sonnant au loin. Rien d’alarmant lorsque l'on passe la nuit en camping sauvage. Sauf peut être lorsque le son se rapproche à vitesse grand V. A peine le temps de décoller nos yeux et de ranger notre matériel que nous nous retrouvons nez à nez avec un berger, son troupeau de moutons et d’agneaux ainsi que son chien, doux comme ces derniers. Il est parfois avantageux de ne pas parler la langue du pays. L’air de rien, et avec un grand sourire de circonstance, nous terminons de ranger nos affaires et filons. Quelques kilomètres plus loin, nous nous retrouvons à Pamukkale, littéralement le château de coton. Ce petit village sans charme particulier est en effet surplombé par un amas de carbonate de calcium contenu dans l’eau de nombreuses sources. Le résultat ? Une montagne blanche composée de « travertines » (petits bassins en cascade remplis d'eau) sur lesquelles il est possible de se balader. Au sommet, des ruines dont un théâtre impressionnant et très bien conservé.

 

 

Ville fantôme et plage abandonnée (ou l'inverse).

Légèrement déçus par Pamukkale, nous reprenons la route en direction de la côte méditerranéenne. Nous parcourons de jolies courbes qui changent des voies rapides dont nous avions pris l’habitude en Turquie et subissons une brève mais intense averse. A peine le temps d’aider une nouvelle tortue à traverser la chaussée que nous arrivons à Fethiye. La ville ne nous attire pas particulièrement mais ses environs proposent certains lieux intéressants. Le plus fascinant d’entre eux restera Kayaköy. Cette ville, désertée lors des déplacements de populations de la Deuxième Guerre gréco-turque, est devenue fantôme. Il en reste un ensemble de maisons tombant en ruine sur lesquelles la végétation reprend ses droits et une ambiance digne des meilleurs films de fin du monde. Merci aux artistes et architectes ayant empêché la construction d’un village de vacances à cet endroit. Toujours dans la même région, nous découvrons également le petit village de Kabak. Séduit par sa quiétude et sa situation de bout du monde, nous décidons de nous y installer l’espace d’une journée. Durant celle-ci nous partons à la découverte d’une plage accessible uniquement à pied ou par bateau. Après deux heures de marche à flanc de falaises surplombant le bleu cristallin de la mer méditerranée, nous découvrons une petite anse nous permettant baignade et farniente.

 

 

Interlude.

Nord-est, tel est le cap que nous suivons pour rejoindre la Cappadoce. Mais avant d’y arriver, il nous faut affronter la pluie (occasionnant une impressionnante brume en s’évaporant au contact du bitume brulant), la chute de température lors du franchissement d’un col à 2 000 mètres d’altitude (nous donnant l’occasion d’allumer nos poignées chauffantes), ainsi qu’une nuit dans un hôtel « kitschissime » dans la peu accueillante ville de Seydişehir (où nous aurions préféré ne pas nous arrêter). Mais cela n’a que peu d’importance compte tenu de la beauté qui nous attend.

 

 

On roule notre bosse en Cappadoce.

La Cappadoce est une destination incontournable … pour de bonnes raisons. Ses innombrables vallées, toutes plus belles et différentes les unes que les autres, constituent un patrimoine naturel impressionnant. Tout d’abord, le village d’Ihlara et sa vallée éponyme. Cette dernière, longue de 16 km, regorge d’églises rupestres byzantines offrant une belle approche des merveilles géologiques qu’offre la Cappadoce. Quelques kilomètres plus loin, des paysages irréels – composés de volcans verdoyants -  s’offrent à nous au fur et à mesure que nous nous approchons du cœur de la région. Une fois installés à Avanos, petite bourgade sans prétention nous évitant la cohue touristique de Göreme habituellement préférée pour explorer les environs, nous pouvons établir le planning des jours suivants durant lesquels nous laisserons nos motos au repos pour fouler les vallées cappadociennes. Il est strictement impossible de décrire l’ensemble des merveilles géologiques de la Cappadoce. Quelques coups de cœur tout de même. La tranquille Zémi vallée et ses reliefs ondulés, les magnifiques Red et Rose vallées et notamment le volume taillé dans la roche de l’inattendue église Kolonlu. A noter également, la bien nommée Love vallée et ses « cheminées de fées » si caractéristiques. Tous ces paysages féériques nous ont même motivés, par deux fois, à nous lever à quatre heures du matin pour observer les traditionnels vols de montgolfières, magique ! Malgré le côté touristique de la région, nous avons pu flâner seuls dans tous ces lieux splendides. A croire que le, pourtant faible, effort physique demandé pour se balader au sein des vallées rebute les touristes préférant se déplacer en bus, tant mieux pour nous.

 

En haut, à gauche : Ihlara vallée, au milieu : Zémi vallée, à droite : Red vallée.

En bas, à gauche et au milieu : Love vallée, à droite : montgolfières au petit matin.

 

D'une région à l'autre.

Notre séjour à Avanos aura également été synonyme de nombreuses rencontres. Le personnel de notre « guesthouse » tout d’abord. D’une gentillesse et d'une simplicité à toute épreuve, il nous aura particulièrement touché. Le genre de personnes qui se lèvent naturellement la nuit pour aller protéger nos motos de la pluie. Les courageux voyageurs à vélo (en tandem couché plus précisément) Claude et Stéphanie ensuite, avec qui nous avons passé de brefs mais très sympathiques moments (pour ceux que ça intéresse leur blog ici). Et finalement, Ender, avec qui nous avons une amie en commun (bisous Laura) qui nous a permis de découvrir Avanos comme si nous y vivions et Mehmet, un potier hors pair travaillant avec son fils. En reprenant la route, nous nous faisons arrêter par la police ... qui nous indique gentiment la direction à suivre. Cela nous rappelle cependant que la direction que nous prenons est parfois considérée à risque. Mais ceci est une autre histoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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