Du monde aux Balkans (part. 2)

May 21, 2018

24.04.2018 au 28.04.2018

 

A Kotor et à travers.

Après la Croatie, le Monténégro. Comme pour beaucoup de pays, nous ne savions pas à quoi nous attendre. Tuons tout suspens, notre ressenti est mitigé, certainement car nous n’y avons pas passé assez de temps. Notre premier arrêt fut la ville de Kotor. Après avoir longé « le fjord le plus méridional d’Europe » (terme erroné, les bouches de Kotor n’étant pas d’origine glaciaire), nous découvrons la ville logée au fond de sa baie. Première impression, le lieu – fortifié et principalement composé de bâtisses en pierre – est très joli. Cependant, son côté « musée » et l’omniprésence de touristes nous déçoivent. Notre erreur fut, peut-être, de visiter Kotor dans la foulée de Dubrovnik tout autant touristique mais beaucoup plus impressionnante. Quelques points positifs tout de même : nous avons très bien mangé et parcourir l’imposante muraille de défense (4,5 km de long) donne des points de vue imprenables sur la baie. Si la ville ne nous a pas émerveillés, le parc national du mont Lovćen, situé à proximité, a haussé le niveau. Et en particulier la route menant au pic Jezersky culminant à 1 657 m. La brume capricieuse se lovant à flanc de falaise et le coup d'oeil en contrebas valait bien la peine d’enchainer les 25 épingles à cheveux de la bien nommée serpentine de Kotor. Nous avons même eu le droit de faire ronronner nos moteurs sur quelques tronçons sans asphalte, bonheur !

 

 

Une décisions inattendue.

Etape suivante, le lac de Skadar et sa forme de dauphin dont le corps appartient au Monténégro et la tête à l’Albanie. Mais avant cela, la route y menant. La première difficulté réside dans le mauvais état de celle-ci qui n’empêche cependant pas certains locaux de rouler à la vitesse maximale autorisée, c’est-à-dire 80 km/h. Autant dire que les croisements relèvent de l’acrobatie. Et comme si les trous parsemant la chaussée n’étaient pas suffisants, il nous faut également éviter les tortues (et autres reptiles non identifiés) la traversant. Nous parvenons sains et saufs – contrairement à quelques lézards suicidaires tentant de traverser la route juste devant nos roues - au bord du lac afin d’y passer la nuit et de prendre une décision inattendue…

 

A gauche : à la recherche d'ombre.

A droite : lac de Skadar. 

 

Quelques heures intenses en Albanie. 

La guerre du Kosovo a marqué nos esprits. Alors âgés d’une dizaine d’années, nous entendions à la radio et voyions à la télé les événements s’y déroulant, évidemment impuissants. L’histoire de ce territoire – dont l’indépendance est contestée par une partie de la communauté internationale - nous a donné envie d’y faire un crochet imprévu. Et, par la même occasion, de respecter notre leitmotiv : se laisser guider par nos envies du moment. Direction le Kosovo donc, mais d'abord nous devons traverser un bout de l’Albanie, ce qui n’est pas une mince affaire. Non que l’ambiance du pays, palpable dès la frontière passée, nous déplaise, loin de là. Le contraste est d’ailleurs assez radical : la circulation y est plus désorganisée, les animaux en tout genre sur la route omniprésents et l’état de la chaussée se dégrade. Un tronçon d’un état déplorable, entre chemin bourré d’ornières et décharge, aura d’ailleurs eu raison d’un joint de la fourche de Klyde (rien de grave ou de rédhibitoire en soit mais il faudra tout de même songer à le remplacer). Les routes sinueuses que nous empruntons sur quasiment 200 kilomètres nous permettent de traverser le sud des Alpes dinariques afin d’atteindre la frontière avec le Kosovo. Ce tronçon aura certainement été un des plus éprouvants depuis notre départ. Le genre de parcours qui nous fait oublier que des vitesses existent après la troisième et où les kilomètres au compteur semblent ne jamais diminuer. Heureusement, les paysages sont splendides et les animaux en tout genre croisés sur la route réconfortent les amis des bêtes que nous sommes. Nous parvenons finalement à la frontière – où nous payons une dizaine d’euros pour obtenir une assurance pour nos véhicules, notre carte verte n'étant pas valide – et réalisons un bout de trajet avant de nous arrêter, épuisés, pour passer la nuit à quelques kilomètres de Pristina.

 

 

Pristina tu visiteras.

Corps reposés et motos nettoyées, nous arrivons dans la capitale kosovare. Nous nous rendons immédiatement à notre « guesthouse » où nous faisons la rencontre de nos hôtes, notamment du bien nommé « professeur » ancien enseignant en physique qui mérite à lui seul son paragraphe. Personnage aux nombreuses facettes, il aura été drôle : lorsque qu’il ferme un œil afin de voir à travers ses lunettes auxquelles il manque un verre. Touchant : lorsqu’il nous incite fortement à aller dans le quartier « Newborn » afin de voir l’espoir de la jeunesse y grandir. Intelligent : lorsqu’il nous démontre ses aptitudes en mathématiques en calculant mentalement n’importe quelles multiplications. Sage : lorsque nous réalisons qu’il pourrait s’agir de la réincarnation de maitre Yoda. Utile : lorsqu’il nous explique que faire et voir dans la ville. Taquin : lorsqu’il nous conseille de ne pas passer par le parc la nuit … car on n’y voit rien, ce qui est, certes, moins intéressant.

 

 

A gauche : priorité aux reptiles traversant la voie.

A droite : "professeur", notre incroyable hôte de Pristina. 

 

Notre deuxième coup de coeur.

Une fois douchés, nous partons à l’assaut de cette ville encore inconnue. Telle pourrait alors être la journée type afin de la découvrir. Pour commencer, se rendre au fameux quartier « Newborn », s’asseoir à proximité de ces 7 lettres et y observer la vie environnante. Parcourir ensuite les différentes ruelles afin d'y trouver un restaurant permettant de se délecter d’un repas des plus rassasiants. Profiter d’une pause à proximité de la bibliothèque nationale, afin d’accorder un peu de répit à son estomac, avant de découvrir ce bâtiment des plus atypiques. Découvrir les expositions photos poignantes de l’étage supérieur du musée du Kosovo ainsi que les mosquées environnantes. Profiter de la joie de vivre palpable de la population en sirotant une bière en terrasse. En fin de journée, monter au sommet de la cathédrale Mère Teresa afin d’y apprécier la vue panoramique et les dernières lueurs sur la ville. Déambuler, une glace à la main, dans les rues piétonnes, dénuées de touristes, du centre-ville. Finalement, se coucher en se disant que cette petite ville ne payant pas de mine au premier abord a beaucoup à offrir en l’espace d’une journée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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